Saméry Técher, 22 ans : L’engagement citoyen au cœur de son parcours de vie.

Malgré sa timidité, Saméry Técher est un jeune leader citoyen de 22 ans. Diplômé de la faculté de Droit et Science politique de Montpellier, il est également Président de La Jeune Chambre Economique. Il poursuit ses  engagements associatifs et veut réconcilier sa génération avec la politique et l’engagement citoyen. Rencontrez Saméry Técher à travers ses forces, ses perspectives pour le futur et ses valeurs.

Qui es-tu Saméry Técher ? 

“Je suis un jeune Réunionnais engagé, attaché depuis mon plus jeune âge à la conviction suivante : “L’avenir appartient à ceux qui s’engagent”  » !

Mon parcours d’engagement a commencé en milieu scolaire, lors des élections de délégué de classe, de représentant des élèves au Conseil d’administration du Collège/Lycée, au Conseil Académique de la Vie Lycéenne. Ces différentes élections m’ont permis grâce à la confiance de mes pairs de représenter et être fort de propositions pour l’ensemble des élèves de l’établissement. L’expérience la plus marquante à l’époque du collège, a été d’être élu à la  Présidence du Conseil Départemental des Jeunes en 2013. L’ensemble des collégiens de l’île ont exprimé leurs suffrages en faveur de ma candidature et de mes propositions d’actionsAprès le lycée, en 2019,  J’ai poursuivi mon engagement au sein d’une association durant mes études universitaires. J’ai eu ainsi l’honneur de présider l’association Rotaract Club de Montpellier, un club service pour mener des actions humanitaires et sociales en faveur des plus démunisÀ 19 ans, être président d’une association a été un véritable challenge en termes de développement de compétences et de leadership. Après une année à la présidence de cette association, je m’engage et devient membre à la Jeune Chambre Économique (JCE) toujours à Montpellier. La JCE est un mouvement de jeunes leaders citoyens (18 à 40 ans) qui a pour but d’offrir des opportunités de développement et créer des changements positifs.

Lors de son retour à La Réunion en 2021, c’est tout naturellement que Saméry Técher s’engage à la JCE Saint-Denis de La Réunion et en prend la présidence en janvier dernier

Quel a été le déclic de tes engagements ? et Pourquoi ?

Le déclic de mes différents engagements a été pour moi, la confiance réciproque. C’est la confiance qui me permet d’avancer, de faire avancer une équipe vers la réussite. Ce sentiment de confiance renforce chaque jour ma ténacité, ma détermination d’agir avec et pour les autresLa prise de responsabilité n’est pas évidente lorsqu’on est jeune. Faire confiance à un autre élève pour représenter la classe ; l’établissement, faire confiance à un jeune pour devenir le président d’une association : c’est cette confiance qui me motive pour agir avec force et détermination. Mes actions sont fondées sur la confiance des autres, la confiance que les autres décident de m’accorder pour agir et les représenter dans les différentes instances et lors des événements. Cette confiance se traduit par l’élection, par la démocratie. Se faire élire par les autres, c’est une grande responsabilité. 

Comment participes-tu à la vie politique?

En ma qualité de Président de la Jeune Chambre Économique, il m’appartient de travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs de l’île : les membres du mouvement JCE, les observateurs, les élus, les partenaires institutionnels et privés. Ma démarche est apartisane avec des valeurs car j’agis avec et pour les autres. Les actions sociales, économiques, environnementales impliquent de travailler avec tous, pour faire avancer les choses. Je rencontre de nombreuses personnes, des élus, des ministres, des cabinets ministériels et des jeunes pour faire gagner La Réunion. C’est finalement à mon échelle : créer des changements positifs pour mon île. Le bénévolat me permet d’enrichir mes connaissances sur le fonctionnement institutionnel et associatif, afin d’être force de propositions pour l’avenir de la Réunion. Il s’agit donc de travailler, de réfléchir et de proposer des solutions, avec la contribution de tous pour impacter positivement le territoire

Il est par ailleurs vrai que mes engagements laissent parfois cette image auprès du public que : « Saméry, un jour sera haut-fonctionnaire ou un futur élu de la République » ce qui est assez flatteur dit-il en souriant. Je n’exclus pas pour les années à venir de m’engager politiquement pour mon île, car ce qui fait ma force c’est encore une fois la confiance des uns et des autres à mon égard.

C’est la politique au sens noble du terme qui m’intéresse : SERVIR LA CITÉ, pour construire l’avenir de notre île. Demain se prépare aujourd’hui ! renchérit-il. 

Pourquoi les jeunes ont dû mal à s’engager politiquement ? 

Il me semble que les jeunes ressentent une certaine défiance face à la vie politique locale et nationale. Toujours cette histoire de confiance qui aurait été rompue avec la politique. Depuis plusieurs décennies, l’abstention ne cesse de progresser élection après élection. Ce lien de confiance entre la classe politique et les citoyens, en particulier les plus jeunes semble se déliter davantage. La politique, particulièrement à La Réunion est perçue comme une affaire de quelques-uns. La perception des citoyens de la vie politique locale est écornée par les affaires judiciaires de nombreuses personnalités publiques locales. Il est donc facilement compréhensible que s’engager politiquement dans ce contexte local risque de décourager de nombreux jeunes. 

Aussi, ce qui peut freiner les jeunes à s’engager, c’est le regard porté sur la « jeunesse ». De nombreuses personnes dans notre société s’empressent à infantiliser ou à ne pas prendre au sérieux la jeunesse qui souhaite s’engager. Chaque jeune doit être considéré, afin que sa voix compte et qu’il puisse se sentir valorisé pour parvenir à ses projets. L’âge n’est en aucun cas un critère probant pour juger la valeur d’un jeune. Être jeune, c’est une force pour transformer positivement la société réunionnaise.

Je veux toutefois montrer à la jeunesse réunionnaise, à la nouvelle génération, un autre visage de la politique, de l’engagement citoyen : bâtir ensemble une société réunionnaise de l’engagement en faisant confiance à la jeunesse, tout en s’appuyant sur les multiples initiatives citoyennes. Il existe de nombreux jeunes talents réunionnais qui s’engagent au quotidien. Un sursaut de la jeunesse est encore possible, j’y crois profondément ». 

Le message que je fais passer chaque jour, à chaque personne que je rencontre : « Engagez-vous au quotidien, posez-vous la question du sens dans chaque projet que vous souhaitez entreprendre. Le sens que vous donnez à votre engagement transforme votre vie. »

Tes plus belles rencontres ?

Mes plus belles rencontres sont indéniablement tous ces jeunes qui s’engagent à mes côtés pour impacter positivement le territoire. La jeunesse réunionnaise qui s’engage existe, il est impératif de la soutenir, de les encourager et de les accompagner vers la réussite de leurs projetsLors de mes différents stages à l’Assemblée nationale et au Sénat, j’ai eu l’opportunité de rencontrer des élus locaux à Paris, ce qui m’a permis d’échanger sur leur vision pour l’avenir de La Réunion. 

J’ai rencontré par ailleurs Sarah El Haïry, Secrétaire d’État à la jeunesse et au SNU qui inspire l’engagement, l’envie de « Faire-ensemble », d’encourager à l’engagement sous toutes ses formes pour les autres, pour son territoire. Récemment, j’ai eu à cœur de découvrir son Cabinet à Paris pour échanger sur des réflexions quant aux politiques publiques à destination des jeunes réunionnais. Au-delà de son parcours, elle est une femme inspirante, très dynamique, qui fait de la jeunesse sa priorité. J’ai eu l’honneur d’échanger avec elle et surtout d’avoir obtenu son soutien dans une vidéo à destination des jeunes de la Jeune Chambre Économique à La Réunion. Ses actions marquent bien sa volonté de réunir toutes les forces en présence pour accompagner tous les jeunes d’Hexagone et d’Outre-mer.

Tes projets ?

Étant diplômé de la Faculté de Droit et Science Politique de Montpellier et de l’Université de la Réunion, il me revient de construire un solide parcours professionnel. Je souhaite consacrer ma carrière à l’administration, afin de servir les Réunionnaises et les Réunionnais. Mes connaissances en matière juridique et politique me permettent de me projeter sur des concours de la Haute Fonction publique

Je poursuis mes engagements associatifs, car la souplesse du bénévolat me permet d’aider au mieux les plus démunis, les plus vulnérables de notre société. Poursuivre l’accompagnement des jeunes afin qu’ils s’engagent davantage, qu’ils trouvent le sens qu’ils souhaitent donner à leur vie à travers l’engagement. Fort de mon expérience de leader associatif engagé, il me revient de partager mon expérience pour inciter, encourager à l’engagement. La Jeune Chambre Economique est une école de la vie, qui existe depuis 61 ans – je vais ainsi continuer à développer mon leadership pour demain, prendre de nouvelles responsabilités.

La vie politique m’intéresse fortement, et pourquoi pas penser à 2026, aux prochaines élections municipales ? Il est certain que je m’engagerai à d’autres niveaux pour faire gagner La Réunion en termes de défis sociaux, économiques et environnementaux, dit Saméry avec conviction.

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Steeve Bourane, chercheur en neurobiologie, primé aux Talents de l’Outre-Mer

Chercheur en neurobiologie du diabète, Steeve Bourane, a été lauréat du 9 ème prix des « Talents de l’Outre-Mer » qui s’est déroulé  le 15 septembre dernier au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac. Une distinction qui  récompense ses efforts et ses sacrifices consentis, tout au long de son parcours et  qui lui permet aujourd’hui de réaliser son rêve, celui de devenir chercheur à plein temps à La Réunion. 

Qui est Steeve Bourane?

Originaire de Saint-André plus particulièrement du quartier du Colosse , Steeve Bourane mène des recherches à  l’Inserm. sur la neuropathie diabétique avec sa propre équipe depuis trois ans.  Il a un parcours d’excellence. Après avoir obtenu son doctorat en Neurosciences à Montpellier en 2007, il intègre une équipe de recherche en postdoctorat au Salk Institute de Californie, établissement prestigieux aux États-Unis dans lequel fut créé le vaccin contre la polio et dont sont issus pas moins de 11 prix Nobels.

De retour sur son île en 2016, Steeve étudie la neuropathie diabétique. Véritable fléau, le diabète est une maladie qui touche près d’un habitant sur dix à La Réunion.  Il est le parrain de la Fête de la science en 2021 et  emporte également le « Nou la fait » organisé par l’école du digital Crealise. 

Pourquoi es-tu revenu chez toi à La Réunion ?

Quand Steeve quitte sa terre natale en 1997, l’objectif est d’aller se former pour pouvoir revenir travailler un jour dans l’île et apporter son expertise au développement du territoire. En étant à l’étranger, Il ne pensait pas qu’il aurait pu trouver du travail localement dans son domaine de compétence.

Pour des raisons personnelles, j’ai été contraint de revenir à La Réunion en 2016. Après une période de chômage, j’ai pu intégrer l’unité mixte de recherche DéTROI – INSERM U1188 en tant que post-doctorant pendant deux ans avec un financement de la Région Réunion. En 2017 et 2018 j’ai postulé au concours national de chercheur à l’INSERM pour devenir chercheur mais à chaque fois j’ai été recalé à l’oral. En 2019, j’ai retenté le coup dans une autre commission avec un projet de recherche plus ambitieux et plus en adéquation avec mon parcours scientifique et les besoins du territoire. Cette troisième tentative a été la bonne ! L’une des difficultés que j’ai rencontrées pour obtenir ce poste de chercheur était d’expliquer aux instituts de recherche métropolitains les raisons pour lesquelles je voulais faire de la recherche à la Réunion, qui est plutôt perçue comme une destination de vacances que comme un lieu d’excellence pour de la recherche scientifique. Tout au long de mon parcours, je n’ai jamais perdu La Réunion de vue. Je voulais revenir dans mon île car j’y suis attaché et j’ai un profond amour pour la culture réunionnaise et nos traditions”. 

Quand as-tu senti la fibre pour la biologie? Et Pourquoi t’es tu intéressé au diabète? 

Depuis que je suis jeune, j’ai voulu comprendre comment les êtres vivants fonctionnaient. Au collège, je capturais des petits scorpions que je ramenais à notre professeur de biologie pour les observer tranquillement dans le vivarium. Au collège comme au lycée, j’ai toujours été passionné par la biologie et c’était d’ailleurs la matière où j’obtenais mes meilleures notes. A l’Université, je me suis donc naturellement orienté vers les neurosciences pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau humain et la manière dont nous percevons le monde au travers de nos sens. C’est un sujet inépuisable qui continue de me passionner !

En rentrant à la Réunion, je me suis intéressé au diabète et à ses complications, en apprenant que la Réunion était le premier département français comptant le plus de diabétiques, notamment parce que certains produits alimentaires comme les sodas ou les yaourts dans les outre-mer étaient jusqu’à 30% plus sucrés qu’en métropole – jusqu’à ce qu’une loi de 2013 ne ramène les taux de sucre dans les produits en outre-mer au même niveau que ceux de Métropole . A La Réunion, près de la moitié des patients diabétiques est hospitalisée pour des problèmes au niveau des pieds (plaies et amputation). L’amputation étant l’une des conséquences les plus impactantes et traumatisantes pour les patients. Sur la base de ces observations, je me suis mis à envisager un projet de recherche utilisant mon expertise en neurobiologie permettant de mieux comprendre les évènements précoces menant à l’amputation chez les diabétiques : avec mes recherches, je veux mieux cerner comment le diabète va perturber le fonctionnement des neurones et des nerfs qui nous permettent de sentir la douleur et le toucher. La perte de sensibilité souvent au niveau des pieds au cours du diabète mène à l’apparition de plaies suite à des blessures non détectées et non traitées à temps. 

Tu es passionné par ton métier, que souhaites-tu le plus réaliser ? 

Professionnellement, je veux réaliser quatre choses :  Premièrement, faire diminuer le nombre d’amputation de patients diabétiques à La Réunion. Il s’agit de faire de la prévention avec l’aide des médecins généralistes, des diabétologues, des podologues et autres professionnels de santé afin de détecter très tôt les patients à risque pour mieux les suivre et les orienter. La neuropathie diabétique reste malheureusement encore sous diagnostiquée à La Réunion par les professionnels de santé ! 

La deuxième est de  faire prendre conscience aux patients l’importance de prendre soin de leurs pieds afin d’éviter/retarder l’apparition des plaies qui sont très difficiles à traiter, une fois installées, et qui sont à l’origine des amputations. 

Troisièmement, je veux faire de la recherche de qualité et produire des publications scientifiques de haut niveau à La Réunion (oui nou lé kapab !) afin de démontrer aux instituts de recherche métropolitains que La Réunion est une terre d’avenir où il faut continuer d’investir. 

Enfin, je veux  aider notre jeunesse à trouver sa voie et préparer le terrain pour les futurs chercheurs Réunionnais.

Quel a été ta réaction en recevant le prix des Talents de l’Outre Mer ? 

J’ai été très heureux d’apprendre que ma candidature avait été retenue par le Casodom pour être l’un des Talents de l’Outre Mer 2021. C’est une véritable fierté pour moi et toute ma famille. Ce prix, je le dédie à la mère de ma fille, Nelsy, malheureusement emportée par un cancer en 2016. Elle a joué un rôle très important dans mon parcours aussi bien au niveau professionnel que personnel. C’était un honneur pour moi de représenter La Réunion lors de cette cérémonie de remise des prix au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris. Je suis très reconnaissant pour les personnes qui m’ont toujours aidé et soutenu durant toutes ces années. 

 Depuis ton retour, qu’est ce qui a changé à La Réunion ? 

Depuis mon retour, je trouve que pas mal de choses ont changé à La Réunion. A mon arrivée, j’ai été agréablement surpris de voir le dynamisme autour de la création de start-up, notamment dans le domaine de la santé. Les investissements de l’Europe, de l’Etat et de la Région Réunion permettent aujourd’hui aux jeunes Réunionnais de se lancer plus facilement dans l’aventure de l’entreprenariat. Je trouve qu’il y a une véritable avancée dans cette direction. A nous de profiter de ces opportunités pour permettre le développement de la Réunion de demain.

Pour le côté un peu plus négatif, je constate malheureusement que les « fast food » poussent comme « mové zerb » dans notre département. C’est hallucinant de voir autant d’enseignes dans certaines villes. On ne peut pas nous dire et répéter qu’il y a des problèmes d’obésité et de diabète et inciter les gens dans tous les coins de rue à consommer de la malbouffe ! Quelle hypocrisie ! Il me semble que nous n’avons pas encore tiré les leçons d’un passé pas si lointain ! Qu’attendons-nous pour réagir ? Pour ma part, je pense que nous devons nous-mêmes prendre les choses en main et d’arrêter d’attendre que les choses changent tout seul. Nous devons équilibrer notre alimentation malgré toutes les tentations environnantes, faire du sport et surtout alerter nos enfants des dangers de la malbouffe, afin d’enrayer la progression de ces maladies chez nous. 

Quel est la place de la recherche à La Réunion ?

L’Université de la Réunion représente actuellement l’une des premières forces du territoire en matière de recherche. Elle compte 22 unités de recherche, dont 12 équipes d’accueil et 9 unités mixtes de recherche (UMR) rattachées à des organismes de recherche tels que l’INSERM, le CNRS, l’IRD ou le CIRAD. 

Les domaines de recherche sont divisés en 3 grandes catégories : Droit/Economie/Gestion ; Lettres/Sciences Humaines ; Sciences/Technologies/Santé. 

Ces laboratoires sont des structures essentielles à l’offre de formation pour les étudiants désirant faire de la recherche. Dans le secteur des Sciences/Technologies/Santé, 3 axes stratégiques se dégagent : 

  • L’amélioration des activités de contrôle et de prévention des crises, le développement de thérapies innovantes pour les maladies infectieuses et les maladies métaboliques chroniques. 
  • Cerner les processus écologiques à l’œuvre pouvant constituer des menaces pour la biodiversité. 
  •  La biosécurité pour la production et la transformation agroalimentaires durables. En santé, la Réunion peut également s’appuyer sur la présence de plateformes de recherche telle que le CYROI mettant à disposition des plateaux scientifiques et technologiques mutualisés. La recherche à la Réunion est en plein essor et la mise à disposition de nouveaux espaces de travail, la création de nouvelles équipes ainsi que l’arrivée de jeunes chercheurs dans les années à venir devraient permettre à la recherche réunionnaise de passer un cap dans le futur. 

Des conseils pour un jeune qui voudrait suivre tes traces de chercheur ?

Les conseils que je donnerais aux jeunes désirant devenir chercheurs, c’est d’être persévérants, tenaces, ambitieux et surtout de croire en leurs capacités. Mon parcours a été semé d’embûches avec plusieurs échecs (redoublement au BAC et à ma première année d’université, échecs successifs au concours de chercheur INSERM) mais avec la patience et le travail, j’ai pu à chaque fois me relever. Je suis arrivé à réaliser mon rêve de devenir chercheur à plein temps à La Réunion même si ça m’a pris du temps. J’ai toujours suivi mon instinct et ma passion. Ce métier, je le fais par amour et non pas pour l’argent. Un autre conseil que je donnerais, c’est qu’il ne faut pas hésiter à quitter La Réunion pour aller se former dans les meilleures universités et centres de recherche mondiaux afin de pouvoir revenir un jour nourrir La Réunion de vos expériences.

Alex Hoareau primé lors d’un concours d’art pour le portrait de T-Matt

Alex Hoareau a toujours aimé dessiner depuis ses huit ans. D’abord des mangas puis petit à petit, des portraits au crayon. Un talent qui lui vaudra les honneurs d’un jury composé de membres de l’École Supérieure d’Art de La Réunion. Ces derniers lui ont en effet attribué le 1er prix du concours d’Art de chez Dalbe Réunion pour son portrait de l’artiste T-Matt. Alexandre veut désormais se faire connaître en tant que dessinateur artiste portraitiste. Rencontre avec ce jeune homme originaire de Sainte-Clotilde qui veut vivre de sa passion.

Ses débuts

Artiste portraitiste autodidacte, Alex Hoareau  plus connu sous son nom d’artiste « Alexart » a cette passion pour le dessin depuis marmaille. Il recopiait fidèlement les personnages de ses mangas favoris (Dragon Ball, Naruto entre autres). Il dessinait tous les jours, que ce soit chez lui ou à l’école avec juste un crayon et une feuille de papier. Avec ce matériel, il était heureux. 

« Au fil des années, j’ai maîtrisé les techniques du dessin manga.  Cela devenait limite trop facile à mon goût. » dit-il en souriant.

A ses 18 ans, il décide de sortir de sa zone de confort et de se lancer dans le dessin portrait.

« Je regardais beaucoup de vidéos sur Youtube, de personnes réalisant des vidéos de type timelapse (vidéo accélérée) de leurs dessins. Une des personnes qui m’a le plus inspiré était Heather Rooney, une artiste portraitiste américaine. J’ai voulu en faire de même. Cependant, la transition manga / portrait était brutale, les techniques étaient complètement différentes de ce que j’avais l’habitude de faire et j’avais l’impression de devoir réapprendre le dessin, de repartir à zéro ». explique Alex.

Motivation et persévérance

En 2012,  il réalise  son premier portrait et le résultat fut « catastrophique » selon ses dires. Motivé, Alex poursuit ses efforts.  Après environ une centaine de feuilles de papier jetées à la poubelle, ce n’est qu’au bout de deux longues années de travail qu’il arrive enfin à maîtriser le style portrait. Il décide donc de se lancer dans la réalisation de vidéos timelapse.

« A l’aide de mon téléphone, une lumière et d’une application pour réaliser le montage vidéo, j’ai réalisé mes premières vidéos. Sans grand succès. Mais abandonner ne fait pas vraiment partie de mon vocabulaire, et là me vient l’idée de réaliser le portrait en vidéo d’un artiste réunionnais : T-Matt ».

La vidéo rencontre un succès fou, 60.000 vues, « c’est peu » comme il le dit,  mais c’était énorme pour lui à l’époque. Plusieurs personnes prennent contact avec lui pour des expositions, des articles, des commandes, et c’est à partir de là que commencera pour lui sa grande aventure artistique.

Alex enchaîne les portraits, sa technique de plus en plus maîtrisée. Sa rencontre avec le producteur VJ AWAX va changer sa vie. Ce dernier  très connu dans le milieu musical, va l’aider en postant une de ses vidéos timelapse d’un des artistes de son label, Mc Box sur sa propre chaîne Youtube « Run Hit ».

Et c’est le début de la reconnaissance de son talent. Par la suite, d’autres vidéos d’artistes suivront : « Dangerous », « T-Matt ».

« Le cliché de l’artiste T-Matt a été pris par le photographe Olivier Ah Poor. La complexité de la photo m’a intrigué et j’ai voulu tenter le challenge ».

Challenge réussi puisque ce dessin rencontrera un énorme succès.

Nouveau départ !

Avec la crise Covid, son travail a ralenti un peu. Plus d’expos, plus de commandes, Alex décide alors de faire une pause dans sa carrière et de se focaliser sur sa vie personnelle. Mais en 2022, le dessin lui manque cruellement. Il reprend donc ses crayons.

« En 2 ans, tout le monde m’a oublié » soupire-t-il.  Il me fallait donc rallumer la flamme, et j’ai réenchaîné portrait sur portrait dans l’espoir de me faire connaître à nouveau ».

Il a bien fait puisqu’il vient de remporter  le premier prix concours d’Art organisé par Dalbe Réunion.

« J’ai tenté ma chance en tant que concurrent en déposant le portrait de T-Matt, A ma grand surprise, je remporte le fameux concours. Le jury était composé de professeurs de l’Ecole Supérieur d’Art de La Réunion (ESA) et m’a félicité pour mon travail ».

Avec pleins de projets déjà entamés, Alex espère pouvoir vivre de sa passion. Mission pas impossible tant son talent est grand.

Maéva Coutant :  Le Taekwondo, plus qu’un sport, une philosophie de vie 

Multiple Championne de France, Vice-championne du monde Senior, Championne d’Europe Junior de 2005 à 2013,  Maéva Coutant est aujourd’hui la personne la plus titrée de l’histoire du Taekwondo à La Réunion. Maman de deux petits garçons, elle a mis sa carrière de championne entre parenthèses pour se consacrer à sa famille. Mais elle continue la pratique de ce sport en entraînant de futurs champions  dans son club Tkd Tampon Dojang. Rencontre avec une femme qui a explosé dans cette discipline de part sa carrure et son talent.

Native de Saint-Louis, Maéva Coutant est une sportive dans l’âme.  Dotée d’un palmarès bien riche, la Réunionnaise est très investie dans la pratique du Taekwondo à La Réunion, art martial d’origine coréenne qui permet d’acquérir une force d’épanouissement et de cultiver un esprit d’ouverture.

Son parcours

C’est à l’âge de 7 ans que Maéva Coutant  découvre le Taekwondo grâce à sa maman qui avait un faible pour les sports de combat.

On a tenté et j’ai accroché. C’est devenu une passion, car de base j’ai un caractère assez tenace, j’ai beaucoup aimé l’idée de frapper.” dit-elle en souriant. 

 “ Mes premiers pas dans la compétition, je les ai fait en minimes où je suis arrivée seconde.   Cela a été le début d’un rendez-vous annuel incontournable. L’année suivante, je suis devenue championne de France. Au total je compte 11 titres nationaux (minimes, cadette, junior, espoirs et seniors confondus). Grâce à ces résultats, j’ai pu être repérée par la Fédération ce qui m’a permis de participer au 1er Championnat d’Europe cadet en 2005 qui s’était déroulé en Sicile. Le déclic a été immédiat, j’ai su que je voulais aller au plus au haut niveau ”. 

En parallèle, Maéva évolue dans les structures régionales, mises en place par la Ligue de Taekwondo Réunion. Tout d’abord le pré-pôle (2003-2004) et le pôle espoir (de 2004 à 2007). L’année 2007 se révèle être la bonne année pour elle car Maéva devient Championne d’Europe Junior en Azerbaïdjan. Elle intègre dans la foulée le pôle France à Aix-en-Provence. 

Je quitte donc mon île à 16 ans en direction de la métropole,  Ma formation au sein de cette structure m’a donné l’opportunité de jouer dans la cour des grands. Étant encore Junior,  je suis sélectionnée pour les Championnats d’Europe Senior en Italie à Rome et j’y remporte le bronze. Ce résultat me propulse parmi les meilleurs de France, les portes de l’INSEP s’ouvrent pour moi. C’est la dernière structure que je convoite ”. 

Pendant six ans, Maéva enchaîne les Championnats du Monde, les Championnats d’Europe (les  préparations Olympiques, JO de Londres 2012 notamment), les Opens et les divers stages internationaux. Mais lors de son parcours,  elle se blesse aux ligaments croisés en 2009.  Déterminée, elle  participe quand même aux Championnats du Monde à Copenhague et termine 4e avec sa blessure.  

A la suite de cette mésaventure,  je me suis faite opérer. Ça fait partie du jeu et il faut concilier performance et santé. Sans oublier les études, je passe mon Bac au sein de l’INSEP cette même année”. 

Quelles sont les qualités pour être un bon combattant?

 » Persévérance, contrôle, respect et détermination « .

Le Taekwondo est un sport de femmes ou d’hommes? À La Réunion, combien de femmes en pratiquent-elles ?

« C’est un sport mixte où l’on peut s’exprimer peu importe son genre. On développe sa personnalité à travers lui. Il y a 133 licenciés au club dont 50 féminines « . 

Quelle est la philosophie de cet art martial?

 » Ça veut dire La voie du pied et du poing « . 

Faut-il un régime spécial pour la pratique de cet art martial? 

 » Le Taekwondo est un sport à catégorie de poids, la morphologie de la personne doit être prise en compte. Les gens longs et fins ont un avantage physique, et ceux qui le sont moins doivent compenser avec la rapidité, l’agilité et la force. C’est pourquoi à haut niveau,  on retrouve les régimes drastiques, pour éviter de se retrouver confronté aux grands gabarits. C’était mon cas « .  

Quel a été ton meilleur souvenir? Comment te sens tu après un combat? 

 » Mon meilleur souvenir c’était lors de mes premiers championnats d’Europe Senior en 2008, alors que je n’étais que Junior, j’ai terminé 3e. J’ai réalisé que je rentrais dans une grande famille, les grands étaient là pour nous et j’étais entourée de champions. Je ne pouvais espérer mieux pour continuer dans mon évolution vers le plus haut niveau« . 

 » En fonction du résultat, on se sent plus ou moins satisfait… Après une victoire, je me sens déterminée et reconnaissante que le meilleur de moi m’ait apporté la médaille. Après une défaite, je me sens exaspérée, car souvent mon pire ennemi est moi-même, un doute, un manque de vigilance et on paye le prix fort. À haut niveau ça se joue à peu« . 

Et aujourd’hui??

 » Ça fait 2 ans que je suis revenue dans l’univers du Taekwondo, après une grosse coupure. J’ai eu l’opportunité de retourner sur mon île pour transmettre mon expérience aux combattants réunionnais. D’autres avaient été là pour moi à mes débuts comme Philippe Bernard, Richard Calixte ou Dany Lastouillat…et bien d’autres, je me devais d’en faire de même pour la nouvelle génération. Grâce à la structure régionale (CRAHN) où je travaille en collaboration avec Dario Dorféans, nous formons les jeunes pour qu’ils accèdent au haut niveau » dit-elle fièrement.

Retrouvez Maéva Coutant au Tampon Taekwondo Dojang au 10ème km, 58 rue Georges Azema. Vous pouvez joindre le Dojo au 0692 86 83 28.

Alizée Falque: De La Réunion aux portes de Broadway

Alizée Falque est une jeune femme de 24 ans,  écoutant ses aspirations, croyant au travail et à la chance, bien sur son île et bien dans le monde. Cette île lui ayant inculqué l’ouverture au monde et aux cultures diverses, elle a, à force de volonté et d’opiniâtreté, réussi à accomplir son rêve : devenir artiste à Broadway. 

Alizée Falque est  arrivée à La Réunion à 5 ans avec ses parents. Elle a grandi et suivi toute sa scolarité à Saint Paul. Après sa première au Lycée de Plateau Cailloux, elle s’envole pour les USA pour terminer sa scolarité de lycéenne. Le choc culturel est important. Aussi à son retour, elle tente les auditions pour intégrer le célèbre cours Florent, à Paris et … elle est admise ! 

Après quelques années d’apprentissage intensif dans la Capitale, elle est admise dans l’une des plus prestigieuses écoles d’art des Etats-Unis, l’AMDA (American Musical and Dramatic Academy) basée à New York, capitale mondiale des cultures et de la culture américaine.  Le conservatoire offre à la fois des diplômes de licence en beaux-arts et des certificats de performance professionnelle de deux ans.

Mais qui est Alizée Falque ?

Grandir à l’île de La Réunion est une chance, les différences culturelles sont et ne sont pas un sujet. Quand on est enfant, on ne fait pas la différence entre les cultures. Tu grandis en côtoyant et en apprenant les différentes cultures religieuses et culturelles de tes camarades de classe. Cette ouverture au monde dans nos classes et dans la cour de récréation est une évidence, pas besoin de cours sur la diversité et la tolérance, car tu la vis tous les jours à l’école et tu découvres ta chance d’avoir pu grandir dans cette pluralité plus tard en voyageant” explique t-elle. 

Jeune et déjà aventurière ?

J’ai toujours eu de bonnes notes à l’école, j’étais en voie pour un bac S et mes professeurs me poussaient à continuer dans cette voie car je pouvais « avoir accès à tous », disaient-ils. En dernière année de lycée, je ne voulais pas suivre les orientations, et j’ai décidé avec l’appui de mes parents, de réaliser une année aux Etats Unis, grâce à un dispositif peu connu à La Réunion, le visa « J », un visa permettant à des étudiants de faire une partie de leur scolarité aux Etats unis, c’est assez similaire à Erasmus.

Pourquoi faire ce pari des Etats-Unis à 17 ans ?

Je voulais découvrir cette culture et ce pays grand comme un continent. L’ouverture au monde que je vivais en classe, je voulais la vivre également par le voyage. Mes parents m’ont soutenue dans cette aventure au grand dam de mes professeurs. Mes parents ont dû faire face à la réticence des professeurs qui déclaraient que ce choix était « délirant ».

Je peux comprendre : partir avant de passer mon bac aux Etats unis sans mes parents peut paraître une folie mais je voulais saisir cette opportunité, je voulais me faire confiance et sortir des sentiers battus et je me suis envolée vers les « States » !

Cette année aux Etats-Unis comment vous l’avez vécue ?

 Aux Etats unis, je découvre qu’au lycée, il n’y a pas de coefficient et que des matières en option en France, comme l’art, sont ici obligatoires. Toutes les matières ont la même valeur. C’est là que j’ai compris que tout était possible car aucune matière n’est dénigrée. J’ai toujours aimé l’art, mais en France ce n’est pas valorisé voire le plus souvent méprisé, alors qu’aux Etats unis si je voulais faire carrière dans l’art c’était possible comme dans toutes les autres matières. Ici on t’encourage dans tes choix. Cela a été un déclic : je serai une artiste, et une artiste professionnelle !

Après votre année aux Etats-Unis, vous êtes rentrée à La Réunion ?

En fait, pas tout à fait …J’ai profité de ce déclic américain pour m’inscrire au fameux cours Florent à Paris. J’ai été auditionnée et j’ai été acceptée dans la section comédie musicale avec des cours de théâtre en anglais. J’ai également passé mon bac S en candidate libre et je l’ai obtenue avec mention. Mon retour des Etats-Unis, c’est l’année durant laquelle je m’investis dans ma passion et durant laquelle je dépasse les limites du système imposées par l’Education Nationale française et durant laquelle mon ouverture aux cultures du monde, dans laquelle j’ai grandi à La Réunion, devient un atout indéniable

Vous êtes toujours à Paris aujourd’hui ?

Après 4 ans au cours Florent, j’ai tenté deux écoles d’art, l’une britannique et l’autre américaine. J’ai été auditionnée et j’ai été acceptée à l’AMDA, une des écoles les plus prestigieuses et reconnues dans « l’acting », le théâtre musical, la danse et au « performing art » aux Etats-Unis. 

Aujourd’hui, je vis aux Etats-Unis et je m’investis pour accéder à mon rêve. Mais depuis la crise Covid, tout est devenu plus compliqué. L’ensemble des campus est paralysé, les cours se font essentiellement à distance. L’apprentissage, le perfectionnement de la danse, du théâtre et de l’art en général, cela demande beaucoup de concentration et d’émotions.  Avec les restrictions sanitaires, je dois m’accrocher et continuer de progresser. Rodéo émotionnel garanti ! 

Quel votre regard aujourd’hui sur l’art et son enseignement ?

La France intellectualise, aux USA on divertit. En France, dans le théâtre, nous cherchons le plus souvent, le choc, la vérité sèche et dure, les situations sont poussées à l’extrême avec des émotions pures et intenses. On nous demande un voyage en introspection, une interprétation intime et personnelle d’un sujet vers le spectateur. 

Aux Etats-Unis, c’est différent, les artistes et le public recherchent le divertissement, le réalisme dans des situations extraordinaires, des retranchements sociétaux par la comédie et l’échappatoire par le cinéma et l’aventure.

L’acting (interpréter un personnage) c’est pour moi le moyen de créer de la représentation. C’est d’ailleurs ce que demandent les grands médias américains, qui influencent aujourd’hui le monde entier. Cette puissance est fascinante pour la petite française et l’étudiante réunionnaise que je suis. Je peux raconter les histoires enfouies de communautés « invisibilisées » et donner un formidable coup de projecteur sur de nombreuses questions culturelles, politiques et sur de bien d’autres thèmes.

 Je ressens une profonde envie, et un devoir professionnel de recherche de l’humanité et de la profondeur dans chaque personnage.

Les expériences d’Alizée Falque de vie dans la culture réunionnaise, si diverse, si colorée, si joyeuse l’aident à aller au-delà des apparences et à tenter de trouver le lien qui unit tous ! C’est une belle leçon de vie également car  même avec son parcours atypique, elle a réussi à réaliser son rêve. Le soutien des parents pour ce genre d’aventure a été vital car c’est beaucoup de sacrifices, de courage, de conviction et de confiance pour toute la famille. 

André Maurice :  “La musique est un truc qui me colle au cœur et au corps!” 

Depuis son départ de Réunion 1ère en 2016, l’animateur de radio André Maurice dit Dédé a choisi d’être discret et silencieux.  Lorsqu’il a refermé  derrière lui les portes de l’audiovisuel à double tour, il a jeté la clef par-dessus son épaule sans regarder où elle était tombée et depuis Dédé a ouvert un nouveau chapitre de sa vie culturelle consacrée à l’écriture. Hier micro, jordu stylo ! Témoignage de celui qui a été la “voix” des ondes, grand défenseur du patrimoine musical réunionnais qui a bercé notre enfance en musique.

Curieux personnage que ce Dédé !

“J’ai connu Dédé quasiment à mon entrée en sixième, en 1958, au vieux lycée Leconte-de-Lisle de la rue Jean-Chatel (actuel collège Bourbon)” Nous sommes très vite devenus des amis, amitié que j’ai également partagée avec son frère, le regretté Mico, trop tôt arraché à l’affection unanime. Curieux personnage que ce Dédé !

Ses origines expliquent en grande partie l’homme qu’il est devenu. Son père est exploitant agricole, éleveur, planteur, maraîcher, entre la Plaine-Saint-Paul et Bellemène. La maman s’occupe de la maison et de la descendance. Un milieu où les valeurs familiales, l’entraide, la solidarité et le sens de l’effort sont au frontispice de leur case. Le goût d’apprendre et de transmettre aussi. Tout en poursuivant un cursus primaire et secondaire des plus honorables en « section philo », l’ami Dédé s’intéresse très tôt à la musique ; sous toutes ses formes. Cette passion irrépressible ne le quittera plus jamais » raconte Jules, son ami d’enfance. 

Dédé passionné de musique en tout genre

Dédé, passionné par le rock’ n’ roll naissant (Shadows, Elvis, Stones, Beatles, Beach Boys… ), acquiert vite de solides connaissances dans bien d’autres domaines musicaux, classique, jazz, blues, latino, etc. La mode faisant, il s’essaie même à la guitare mais n’insistera guère, préférant aller écouter, de longues heures durant, l’AJER, les Chats Noirs, les Torpilleurs, les Loups, groupes phares des années yéyé réunionnaises. Dans le même temps, il suit les prestations des musiciens locaux, Jazz Tropical (Vinh San), Julot Arlanda, Donat, Tropina…

Pendant ma petite enfance, j’ai été bercé par beaucoup de musiques, mais j’ai eu  deux influences majeures. Étant marmaille, j’étais confié à ma nénène Paulina Langromme , une descendante d’esclaves. Elle était ma deuxième maman et le soir, pour m’endormir, elle me fredonnait, des airs de maloya, appris dans sa famille lors de « service kabaré », les cérémonies en hommage aux ancêtres… voilà pour l’influence maloya” explique Dédé Maurice. 

La famille d’André Maurice habitait et habite toujours rue Maréchal-Leclerc à cent mètres de la Société Ouvrière (une salle de réception) et à une cinquantaine de mètres à vol d’oiseau de la Terrasse de la Belle Etoile, un salon de bal célèbre où étaient régulièrement organisées des soirées dansantes animées par les orchestres en vogue. Au programme, des succès sur tous les rythmes  paso, tango, mambo, calypso, biguine et séga évidemment. Cependant, c’est l’accordéoniste Loulou Pitou premier musicien que Dédé a entendu en live avec son séga sur la Terrasse de la Belle Etoile en 1953/1954.  Il n’avait à l’époque que 6 ou 7 ans. C’est pour cela qu’il dit que Loulou est son parrain du séga. 

La musique : un truc qui me colle au cœur et au corps!  

À 16 ans, Dédé reçoit en cadeau son premier tourne-disque « Teppaz » et en même temps que les 45 tours des idoles de la vague yéyé, il écoutait les disques de Luc Donat, Loulou Pitou, les orchestres d’ André Philippe et des Frères Legros, Maxime Laope, Benoîte Boulard  et Henri Madoré. 

J’ai grandi avec eux et aussi avec les Jokarys, mon groupe préféré. Les années 1960 étaient explosives de créativité car c’est à cette période que nos groupes musicaux se sont électrifiés pour jouer sur les mêmes guitares que les Chaussettes Noires, les Shadows, les Chats Sauvages ou les Beatles. J’étais fan des Loups de Jean-Claude Gigant et Pierre Rosély, des Chats Noirs de Max Dormeuil, de L’AJER (Association des jeunes réunionnais) d’Alain Bastide, des Pois-du-Cap de Patrick Sauger, des Kids des frères Albac, des Torpilleurs de Jean-Marc Nativel, des Lynx avec les frères Payet etc. C’est ainsi que j’ai vécu le début de ma passion pour toutes les musiques,  «un truc qui m’ colle encore au cœur et au corps !».

Dédé, homme de radio 

C’est à l’écoute du poste de radio familial que naîtra son amour de la radio car il suffisait de tourner un bouton de cette boîte magique pour que la séduction des ondes exerce sur Dédé sa fascination à travers les feuilletons radiophoniques « Les maîtres du mystère » (les contes policiers de Pierre Billard et Germaine Beaumont), « Noëlle aux quatre vents » (1965), « La dame de Beyrouth », « La Tribune de l’Histoire », ( depuis 1951 avec Alain Decaux, André Castelot et Jean-François Chiappe),  les ségas folkloriques et … la voix de Jean Vincent-Dolor . 

C’est ainsi que pendant toute mon adolescence, j’ai été admiratif du talent de Jean Vincent-Dolor. Le professionnalisme de ses reportages et son sens de l’interview m’ont donné envie de lui ressembler et de vouloir faire un jour comme lui. C’était mon idole et il était plus important à mes yeux qu’Elvis Presley”. 

Très vite, la passion de transmettre fait de Dédé Maurice  l’homme de radio que l’on sait. Avant même qu’il ne passe son bac, la chaîne locale ORTF le sollicite pour animer des sessions sur les ondes. Naîtront « Mon île sur un plateau » puis le très célèbre « P’tit bal du samedi soir » que les nostalgiques évoquent toujours non sans une larme furtive.

Dédé Maurice est connu pour avoir animé, avec une bonne humeur communicative, moult émissions en direct. On peut presque dire que tout ce qui chante ou gratte est passé par lui à RFO, station à laquelle il est resté fidèle jusqu’à sa retraite.

Dédé grand défenseur de la langue créole au coeur tendre 

Scientifique dans l’âme, Dédé Maurice possède une totale maîtrise de la langue française à laquelle il voue un culte. Dans le même temps, également ardent défenseur de la langue créole, il se désole comme beaucoup de constater, hélas, que nombre de Créoles, jeunes ou moins jeunes, « i gaingn pi cause créole in merde ! »

Des valeurs authentiques que lui ont léguées ses parents, Dédé conserve intacte l’empathie et la main tendue : il ne peut supporter de voir un ami dans la mouise. 

Alors que j’étais au bord du gouffre,  il m’a mis en contact avec ti-Guy Zitte (« Le météo des îles éparses ») ou notre pote Jean-Pierre Boyer (« Du bidonville aux feux de la rampe »), désireux que quelqu’un écrive leur histoire… ce qui m’a permis de retrouver mon souffle” explique Jules Bénard,  en essuyant une petite larme. 

Dédé ne peut passer devant un SDF en faisant semblant de regarder ailleurs. C’est de famille puisque sa sœur, la charmante Suzel, n’agit pas autrement. Pour l’anecdote, la seule à avoir compris l’essence de notre amitié, est Gabrielle Séry, ancienne rédactrice du JIR Télévision.

Un jour que Dédé l’avait emmenée m’interviewer lors de la sortie d’un de mes livres, elle prouva un sens de l’observation formidable : « La complicité entre ces deux-là est telle que lorsque l’un commence une phrase, c’est l’autre qui l’achève ! » A un de ces quatre, l’artiste ! renchérit Jules.

Dédé est un homme généreux et investi dans diverses associations humanitaires. En 1986, il reçoit un trophée pour son action en faveur des musiques de l’Océan Indien à l’occasion du Festival de Château Morange à Saint-Denis et est médaillé de la Ville de Saint-Denis pour son engagement pour la culture réunionnaise. 

Son aura ?

« La gloire et la renommée sont douces surtout de loin, quand on en rêve ; dès qu’on les possède, on n’en sent plus que les épines », kisa la di sa mi koné pu ! Sépousa moin la zamé kour dérièr  la notoriété …  Gramoune la di  osi : « in tone zoli parol i ranpli pa mon marmit ». Avec les compliment du « Capitaine Dédé-Maurice » qui navigue à bord de sa jingade sur l’Etang Saint-Paul pou souke mombruns, tilapias ek zanguilles trois couleurs ! » conclut Dédé en souriant. 

Kris des Nénettes du vin, une femme pointue de sommellerie. 

Suite aux attentats du Bataclan qu’elle a vécu à Paris en 2015, Kris Sousa décide de s’installer à La Réunion. Sommelière de profession,  elle s’illustre dans un métier  longtemps réservé aux hommes. Une activité qu’elle exerce avec passion autour de son concept “les Nénettes du vin” créé à Paris et développé sur notre île. Au pays du fromage et du vin, la femme a aussi sa place.

Parisienne d’origine congolaise, Kris Sousa est sommelière depuis 16 ans. Elle a débuté dans l’hôtellerie et a travaillé dans quelques-uns des plus beaux établissements de Paris :  les Caves Legrand filles et fils, Le Meurice , ou encore Le Train Bleu.

Je n’ai pas eu de culture du vin mais la gastronomie et l’art de la table ont toujours été une passion pour moi et être dans le milieu du vin me permettait de pousser encore plus ce côté.  Je suis devenue une vraie passionnée de vin lors d’une rencontre avec un vigneron dans la Loire à  Chavignol et c’est là que j’ai su que j’en ferai mon métier à vie. C’est le plus beau métier du monde”.

En quoi consiste le métier de sommelier? 

Le métier de sommelier consiste à conseiller au mieux  les amateurs  de vins -ou pas- en fonction d’un repas , d’un moment d’une envie et parfois aussi un besoin et beaucoup de dégustations “ explique Kris. 

En tant que femme et sommelière, quelles ont été les difficultés rencontrées? 

La plus grande des difficultés a été le manque de prise au sérieux de la part de mes pairs ou des clients. J’ai commencé jeune,18 ans, donc forcément je n’avais pas toutes les armes. Les autres difficultés sont celles que l’on s’inflige à soi-même :  la peur de ne pas mériter sa place, de ne pas être légitime et de dire ce qu’on pense sur un vin de peur d’être hors sujet  ou de dire des bêtises” renchérit-elle.

Le concept des Nénettes du vin

Kris  participe à la Wine Woman Awards en 2013 et arrive à la 16e place dans ce concours réunissant plus de 30000 candidats. Elle rate  le concours pour un millésime non trouvé. Cela ne l’ empêche pas de  créer en 2015, le concept “les Nenettes du vin” à Paris : “Les Nénettes du vin, à la base, est un club de dégustation ouvert aux hommes comme aux femmes qui veulent s’initier au vin en plusieurs étapes, à travers des cours d’œnologie, d’ateliers de dégustation, de WINE Dating. 

Un concept qui commençait bien à démarrer à Paris mais suite aux attentats du Bataclan, elle décide de poser ses valises à La Réunion afin de retrouver la sérénité pour elle et sa petite famille. 

Mariée et maman de trois enfants, je voulais un endroit où l’on parle français et du soleil. Je souhaitais un endroit qui restait en France où il fait beau, où le vivre ensemble est une valeur. Je voulais pouvoir m’exercer et développer mon concept à La Réunion. Grande amoureuse de vins nature, je privilégie les petits commerçants et récoltants”. 

Les Nénettes du vin c’est aussi un salon du vin “le Salon des Cavistes Indépendants” qui existe depuis 4 ans. A travers ce salon, le métier de sommelier est mis en avant ainsi que des petits exploitants ou récoltants. Le temps d’un week-end, amateurs de vin, petits commerçants (cavistes, marchands de vin, bières et épicerie fine) se retrouvent pour partager, découvrir et déguster de jolis produits. D’ailleurs, le prochain se déroule le 16 et 17 octobre à la Maison du Coco à Saint-Leu. 

Créer des liens est primordial pour moi surtout qu’en arrivant à La Réunion, je ne connaissais personne. Les Nénettes du vin est une grande communauté ouverte aux femmes et aux hommes”. 

La cave des Nénettes du vin

Depuis avril 2021,  je me suis lancée dans l’aventure en ouvrant deux caves et bar à vins avec mon amie et associée Chloé Benassaya, une passionnée de vin également. L’équipe est composée de six femmes collaborant au service du vin. Les Nénettes du vin qui se trouvent à Saint Paul et au Tampon sont des endroits chaleureux, vivants, décontractés où chacun peut choisir son vin et même déguster sur place avec des assiettes gourmandes composées de fromage et de charcuterie de qualité artisanale, tout en respectant les restrictions sanitaires”. 

Kris Sousa a plein de projets pour l’année prochaine, conquérir l’Est de l’île car elle la trouve à l’abandon au niveau du vin alors qu’il y a beaucoup d’amateurs de vins dans ce secteur. Elle n’oublie pas d’offrir du temps à sa famille même si parfois cela est compliqué.

« Les femmes sont plus à l’aise et se sentent moins jugées quand elles pénètrent dans nos caves” réplique Kris.  

Retrouvez Kris et toute son équipe au Salon des Cavistes Indépendants le 16 et 17 octobre à la Maison du Coco à Saint-Leu. Votre verre (cadeau de bienvenue) au couleur du Salon vous donnera accès à toutes les dégustations gratuites auprès des cavistes. 

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Pitt contre le vengeur allemand, l’étonnant  roman policier de Patrick Cuvelier 

Patrick Cuvelier est un romancier natif du Port. C’est pendant la période de confinement de l’année dernière, qu’il signe son tout premier roman : «Pitt contre le vengeur allemand» sortie fin juin, un thriller à La Rochelle avec la Seconde guerre mondiale comme toile de fond. Ce samedi, Patrick Cuvelier dédicacera son roman à la librairie GÉRARD : « Je vis mon rêve d’enfant car j’ai toujours voulu être un artiste » explique t-il.

Jeune retraité,  Patrick Cuvelier a exercé une longue carrière de fonctionnaire et de cadre dirigeant dans une grande entreprise des télécoms en France. Aujourd’hui,  passionné de cinéma, de bonne chère et d’art, il s’est mis à l’écriture de romans policiers. 

J’ai grandi à l’époque du cinéma d’action, de la musique yé-yé et du funk. Je passais des après-midi entiers à dévorer des kilomètres de pellicules au cinéma du Casino du Port. Les films de James Bond, OSS 117 et d’espionnage n’avaient pas de secrets pour moi. Je me prenais pour ces héros qui coursaient les criminels avec comme seul objectif de sauver le monde” explique t -il en souriant. 

Pitt contre le vengeur allemand 

Le personnage principal est Peter Teach, alias Pitt. L’intrigue se déroule dans la belle ville de La Rochelle où il a séjourné en vacances. 

« J’ai créé un personnage, épris de justice et qui vole au secours des humains lorsqu’ils sont en danger. J’ai voulu qu’il soit attachant et aimant la vie. Il vous dévoilera quelques fois ses doutes, ses failles et ses interrogations », ajoute Patrick Cuvelier. 

L’auteur lance son personnage, justicier à ses heures, à la recherche d’un vengeur qui élimine des rochelais un par un. C’est aussi l’opportunité pour le lecteur de partir à la découverte de la ville, de ses monuments historiques, et d’un épisode de son histoire qui s’est déroulé pendant la seconde guerre mondiale.

 « Mes romans sont destinés aux lecteurs qui aiment l’histoire de France, et aux amoureux d’intrigues criminelles. Vous retrouverez Pitt dans de nouvelles aventures à partir de 2022 » précise t-il avec autant de suspens et d’intrigues.

Retrouvez Patrick Cuvelier et les aventures de Pitt contre le vengeur allemand pour une séance de dédicaces ce samedi, de 15h à 17h, à la librairie GÉRARD à Saint-Denis. 

D’amour et de basalte, le nouveau roman palpitant de Lisianne Bernadette Thomas.

La romancière Lisiane Bernadette Thomas est à l’affiche en ce moment avec la sortie de son huitième ouvrage « D’amour et de basalte ». Son septième roman, « Jeanne il était une femme », avait reçu le Grand Prix du Roman Insulaire de Ouessant en 2019 et s’était fait remarqué à La Réunion avec une place de finaliste du Grand Prix du Roman Métis.

Lisiane Bernadette Thomas est une auteure de romans de littérature générale et pour la jeunesse.  Professeur de français, elle se met en retraite anticipée en 2002 pour se consacrer à  l’écriture et publie son premier roman : Le Souffle des disparus qui était écrit depuis une dizaine d’années.  Une enfance dans les Hauts la plonge très tôt au cœur des réalités rurales mais aussi  des légendes et croyances de son île. Avec bienveillance et poésie, elle aborde dans ses  romans des thèmes d’actualité : multiculturalisme, spiritualité, place de la jeunesse dans la  société, transmission intergénérationnelle, environnement,…  

Elle intervient en milieu scolaire et dans des bibliothèques à La Réunion et dans  l’Océan Indien, lors de l’étude de ses romans. Elle participe régulièrement à des salons (en  2019 : La Réunion, Paris, Ouessant, Etang-sur-Arroux), à des rencontres ou des  manifestations dans lesquelles la culture et l’identité réunionnaises ont leur place.  

D’amour et de basalte, un roman palpitant 

 Dans les hauts de l’île de La Réunion, sur une  propriété à la splendeur surannée, un tunnel de laves  est le théâtre de passions et de conflits. Ronaldo  l’enfant éleveur de tangues, Angelo le squatter  taciturne, Marie l’héritière qui rêve de cultiver des  pleurotes, ont tous des raisons de le convoiter.  

Mais toucher au tunnel qui a cristallisé des  émotions fait émerger des secrets. Peu à peu, le passé  de l’Îlet aux Citronniers ressurgit, bouleversant  l’histoire des personnages, les obligeant à se départir  de leurs illusions afin d’accueillir l’imprévu.  

 Témoin de rencontres, de joies, de frustrations,  le tunnel parviendra-t-il à apporter l’harmonie à ceux  que la vie a rapprochés au sein d’une nature riche  d’enseignements?  

Pour ce huitième ouvrage, la Nature (minérale,  végétale, animale) est une voie de libération, celle par  laquelle les personnages évoluent, se réconcilient,  s’acceptent et acceptent l’autre dans l’amour inconditionnel. Le tunnel, comme un antre divin par où est passé le  dieu du feu, dissout les ombres qu’ils portent en eux.   Le tunnel symbolise la matrice originelle mais aussi  l’enfermement sur soi, le rejet des liens et de l’entraide. Il  va mettre à nu les personnages afin de les libérer de peurs  qui font obstacle à leur authenticité” explique Lisiane. 

ISBN: 2-9525457-9-0 EAN: 9782952545792
Prix de vente public: 19 € Format: 145 x 220 ; 260 pages
Editions Livres sans frontières Dépôt légal: août 2021
Imprimé en France par CPI Disponible
Diffusion: La plume et le parchemin

Angélique Cadet : « Une vie peut en contenir plusieurs »

Angélique Cadet est une jeune autrice réunionnaise passionnée par les histoires. A 21 ans, le jour de son anniversaire, elle participe à un atelier créatif très enrichissant.   La magie s’opère et Angélique crée Alia l’ héroïne de son premier roman  Mission Mermaid et l’univers qui va avec. Un petit roman édité aux Editions la Plume et le Parchemin à l’écriture ciselée. 

Qui n’a jamais rêvé d’apercevoir une sirène ? Alia va devoir faire plus que les voir pour pouvoir accomplir sa mission !

“Je m’appelle Alia. J’ai dix-sept ans et j’ai la chance de vivre sur l’île de La Réunion, un lieu magique, selon moi. Jusqu’à présent, ma vie était « presque » simple, « presque » tranquille. J’étais une adolescente tout ce qu’il y a de plus normale… en apparence, du moins. Mais un jour, ma vie a basculé ! Je me suis retrouvée confrontée à un déferlement : mon passé, les secrets, mes faiblesses, mes erreurs… Pour accomplir ma mission, je dois affronter la vérité… Ma vérité. Voici mon histoire!”.  

Un parcours atypique 

Angélique n’a que 16 ans quand elle arrête l’école. Suite à des difficultés familiales, elle quitte son cocon et se retrouve seule à gérer sa vie d’adolescente et  de future maman. 

J’ai arrêté l’école à l’âge de 16 ans suite à des problèmes dans ma famille qui ont été très éprouvants. J’ai dû traverser seule un véritable enfer puis j’ai su que j’étais sur le point de devenir maman.  Cela a tout changé.  À 17 ans, j’ai eu une merveilleuse petite fille, une nouvelle vie s’offrait à moi. Un an plus tard, j’apprenais à jongler entre les formations professionnelles et la vie de maman célibataire. Ce n’était pas toujours facile, mais j’ai réussi à m’en sortir, avec beaucoup de volonté et d’aide”.

Angélique multiplie les expériences, les réussites mais surtout les échecs, jusqu’à trouver sa propre voie. Elle ne choisit pas la facilité certes mais  ne regrette absolument pas chacune de ses décisions qui l’ont menées aux personnes formidables. Des rencontres  qui ont fait d’elle la femme qu’elle est aujourd’hui.

Il y a une chose de plus à savoir sur moi, je dévore les séries Netflix, peut-être parce que j’ai passé la moitié de mon enfance derrière un écran, bref. Dernièrement j’ai vu la dernière saison de la Casa de papel (promis, pas de spoil) dans laquelle Tokyo a dit “Une vie peut en contenir plusieurs “.

 Le déclic qui l’a poussé à écrire 

“ J’ai eu envie d’écrire “Mission Mermaid” suite à un atelier créatif auquel j’ai participé le jour de mon anniversaire, pour mes 21 ans. Les anniversaires ont réellement quelque chose de magique, non ? Dans cet atelier, j’ai créé mon héroïne et je lui ai construit un univers, puis je n’ai jamais su m’arrêter… Le déclic en lui-même est assez indescriptible. On commence à s’investir dans quelque chose qui peu à peu nous submerge d’euphorie et on comprend soudain que c’est une magnifique façon d’évacuer tout ce qu’il y a de plus sombre en nous comme la souffrance, la peur et la colère. Quand on déverse une partie de son âme sur le papier, le plus difficile reste de trouver le courage pour la partager avec le monde entier”.

Mission Mermaid

Mission Mermaid”, c’est l’histoire d’Alia, une adolescente introvertie, à tendance mythomane, qui voit son monde basculer du jour au lendemain en découvrant l’existence des sirènes. Durant ses aventures, elle sera confrontée à ses plus grandes peurs, à son passé mais aussi à son incroyable destin.  

Les différents messages que j’aimerais faire passer à travers “Mission Mermaid” sont : le pardon, le courage, l’espoir et la résilience”. 

C’est pour répondre à ce qu’elle a ressenti comme une véritable urgence qu’Angélique Cadet s’est mise à écrire. Au fur et à mesure, elle reprend la main sur sa vie et se fait plus joyeuse. 

J’ai toujours eu un peu de mal à me projeter mais je sais ce que j’aimerais faire dans un avenir proche : voyager, vivre de nouvelles expériences, continuer d’écrire et de partager mes histoires” conclut-elle en souriant. 

« Mission Mermaid » est disponible sur toutes les plateformes numériques. Bonne lecture!

Les enjeux environnementaux au cœur du nouveau roman d’anticipation de Colline Hoarau.

L’auteure réunionnaise néo-bretonne, Colline Hoarau, vient de sortir son 5 ème roman qui nous projette dans 20 ans, 2040 : coquelicots et bleuets. Un futur proche réaliste qui nous fait prendre conscience des enjeux environnementaux et sociétaux actuels.

Nous sommes en 2040, Mahavel a vingt ans. Elle vit avec son temps et jouit naturellement des progrès technologiques qui régissent son quotidien dans tous les domaines, santé, éducation, alimentation. 

Contemplative, sa vie solitaire dans sa longère bretonne semble heureuse et sereine, jusqu’au jour où elle fait la rencontre inopinée et bouleversante d’un jeune homme, Ferdinand, qui vit hors du système et de cette modernisation à outrance. Retour à une consommation limitée, troc, agriculture raisonnée, partage des services.  

Une prise de conscience pour Mahavel qui s’interroge en parallèle sur son histoire ancrée entre deux cultures : La Bretagne et l’île de La Réunion, un équilibre difficile à trouver qui l’entraîne dans une quête familiale aux nombreux rebondissements. Retour dans le passé, voyage à La Réunion au cœur de ses racines pour se révéler et trouver sa place dans ce monde.

Avec son écriture ciselée et poétique, Colline Hoarau détaille un futur plausible dans ce roman d’anticipation plein d’humanité. Un récit à la fois inquiétant et porteur d’espoir, avec toujours les thèmes qui lui sont chers : la double culture et les origines familiales. 

Mais qui est Colline Hoarau?

Née en 1966 à l’île de la Réunion, Colline Hoarau vit aujourd’hui en Bretagne et explore sa culture.  Enseignante en breton, elle a également à cœur d’éveiller les plus petits à travers des albums jeunesse, comme les plus grands avec ses romans.

A 17 ans, nouvelle bachelière, j’ai été contactée par la famille du zoo de Tregomeur (22) pour faire la saison. La fille était dans ma classe à La Réunion. J’ai découvert à cette époque la Bretagne. Avec mon compagnon, nous avons acheté une maison de vacances en 2007 à Saint-Gilles-Les-Bois, une toute petite commune. Nous avons décidé de changer de vie pour la Bretagne en 2012. J’ai commencé à prendre du temps pour mon écriture. Parallèlement, j’étais formatrice en bureautique – de formation informatique à l’origine. Je me suis mise au breton (six mois en immersion – 3 mois pour pouvoir enseigner en breton). Licence de breton et langues celtiques en poche, j’ai enseigné ensuite en maternelle et primaire, pour le réseau Diwan et bilingue”

Son  premier roman est sorti en 2014, L’Adieu à Lila, consacré à La Réunion. Puis un autre suivit en 2015, Notre vie à trois, un ouvrage émouvant sur la maladie de Parkinson.  Depuis, 2 autres romans, Sois sage, Reine-May, où se mêlent une intrigue, un secret, et les deux pays de son cœur, La Réunion et La Bretagne et Peut-on tout pardonner ?, un second tome de l’histoire de Reine-May.   2 livres pour enfants sortiront dans la foulée avec la collaboration de photographes, David Lair, pour Histoires d’enfants et Yvon Kervinio pour Portraits de Bretagne. “J’ai toujours beaucoup lu et ma matière préférée était le français pendant toute ma scolarité. J’adore écrire déjà enfant. Lorsque j’étais chef de cabinet à la mairie d’Asnières, j’écrivais des notes, des discours.  Pendant les longues soirées de conseils municipaux, j’ai commencé à écrire des histoires “ conclut–elle en souriant.

L’illusion et le mystère de Vadrame Clair

Vadrame Clair pratique l’art de la prestidigitation, de mentaliste, de l’illusionniste, de l’hypnose, bref de la magie partout dans le monde. Ne laissant personne insensible lorsqu’il se produit, Vadrame met ses témoins devant le fait accompli. Il aime les éblouir par sa magie et cultiver leur curiosité en leur laissant une expérience amusante et inoubliable. Confessions d’un magicien hors pair en vacances sur son île. 

Originaire de Saint-Paul, Vadrame Clair est installé depuis une dizaine d’années sur Paris. Il est aujourd’hui l’un des plus grands prestidigitateurs français alors que rien ne le prédestinait à ce métier. 

“ J’ai quitté mon île à 18 ans pour un challenge sportif dans la boxe. J’ai commencé ce sport avec Yanis Racine, ici à La Réunion puis je suis allé me perfectionner en métropole et dans le monde entier (Thaïlande, Suisse, Luxembourg, Australie, Russie) jusqu’à obtenir le titre de champion de monde de -91kg en kick boxing en Allemagne en 2015”. 

Ses débuts dans la magie

Comme presque tous les petits garçons à son âge, Vadrame reçoit une boîte de magiciens à Noël. La magie opère de suite,  il se met déjà dans la peau d’ un apprenti sorcier. Il réalise des petits tours en fonction de son imagination et fait preuve de créativité dans sa mise en scène. 

“J’ai commencé à apprendre la magie par hasard à 11 ans à Villèle, il s’agissait uniquement de la magie de carte. Mon parcours sportif m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes dans le monde entier et de développer en parallèle ma magie. Je suis donc devenu magicien grâce à ma curiosité mais aussi grâce à mon envie de faire vivre aux personnes des expériences inoubliables. Du coup aujourd’hui, je fais du sport  pour garder la forme et m’entraîne davantage à développer mes techniques de magie”.  

Sa rencontre avec Maxime Magnin et d’autres consultants magie lors d’un événement dans l’Oise le feront progresser rapidement. 

Quel genre de magie?

Il pratique tous les types de magie : les cartes, en passant par le mentalisme et l’hypnose. Il aime ce lien avec le public et réaliser des expériences basées sur le hasard mais également l’influence. 

Pour créer ses tours, il se demande toujours ce que pourra apprécier la personne en face de lui. Il fait en sorte que ses tours soient gravés dans la mémoire du spectateur. 

“Créer un tour mais surtout le maîtriser demande beaucoup de temps. Il faut compter environ une année pour les tours les plus poussés. Je m’entraîne chaque jour, sur des personnes différentes afin de m’adapter à tout type de public. Je réalise ces tours la plupart du temps grâce à mon imagination. Je ne joue pas de personnage, je préfère rester moi- même. Pas de tenue particulière ni aucun signe distinctif, j’adapte juste mes tours à mon public pour qu’il s’en souvienne  le plus longtemps possible … et même à vie” sourit-il. 

Les réactions des spectateurs?

Ses numéros s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Son public est actif dans le cadre de son spectacle et peut s’attendre à des surprises et des numéros à couper le souffle.

“ Mes numéros sont très variés avec une pincée d’humour. Mon public est souvent intrigué mais il passe toujours un agréable moment. Il est parfois un peu méfiant au début. mais j’arrive à faire passer mon message basé sur la bienveillance. Je souhaite lui prouver qu’il faut dépasser les limites que nous nous fixons. Je crée de l’illusion avec leur propre cerveau. J’ai des retours positifs que vous pouvez voir sur mon site internet. 

“Tu n’écris ta vie qu’une seule fois, applique toi”

A 30 ans, Vadrame Clair est un professionnel. Il  vit de sa passion depuis 2015 et sillonne toute l’Europe et les Etats-Unis. 

“J’ai un spectacle d’un peu plus d’une heure, avec du close-up (magie de proximité), de l’illusion diverse et variée. Cela fait plus de quatre ans que je ne suis pas venu voir mes parents et leur présenter ma petite famille (Vadrame est papa d’un ti bout de chou de 18 mois).  Je profite de mon séjour jusqu’à mi-août pour faire découvrir aux Réunionnais ce monde fantastique. Après avoir atteint mon objectif sportif, mon nouveau challenge est d’ouvrir une école de magie ici, à La Réunion, et transmettre mes expériences et  ma passion auprès des jeunes. Je rencontre actuellement beaucoup de personnes qui m’aident à concrétiser mon projet”. 

Vadrame a développé au fil des ans ses tours pour garantir frissons et incertitudes. Sa magie rapprochée rencontre toujours un franc succès. Il existe bien sûr des procédés mais il laisse planer le mystère. Il continue à vivre ses rêves…